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LIVRES DISPONIBLES EN FRANÇAIS

ECRITS PAR MOSHE FELDENKRAIS

L’être et la maturité du comportement (1949)
Ed. L’Espace du Temps Présent, Paris 1997
ISBN 29507366-0-2

Energie et Bien-être par le mouvement (1972)
Ed. Dangles, Paris 2009
ISBN 978-2-7033-013-2

Le cas Doris (1977)
Ed. Espace du Temps Présent, 1993
ISBN 29507366-0-1

L’évidence en question (1981)
Ed. l’inhabituel
ISBN 2951173903

La Puissance du Moi (1985)
Ed. Robert Laffont, Marabout, Paris 2010
ISBN 978-2-501-064743

ECRITS PAR UN PRATICIEN DE LA METHODE FELDENKRAIS®

Articuler le changement
GOLDFARB Lawrence
Ed. Espace du Temps Présent, 1998

La méthode Feldenkrais®:
Outil fondamental de la Connaissance de Soi par le Mouvement®
DELPHINE HÉLIX

Le guide de la méthode Feldenkrais® pour les gens pressés.
50 leçons de mouvements pour développer un corps sain, plaisant, libre et intelligent.
FRANK WILDMAN

Apprivoisez vos vertèbres : Un dos souple avec la méthode Feldenkrais®
Les aventures sensorielles de Guste : Méthode Feldenkrais®
PASCAL LELOUP

Penser les somatiques avec Feldenkrais
ISABELLE GINOT

ARTICLES

LA MÉTHODE FELDENKRAIS® - PRISE DE CONSCIENCE PAR LE MOUVEMENT par Monique van der Vorst

LA MÉTHODE FELDENKRAIS®
PRISE DE CONSCIENCE PAR LE MOUVEMENT

Article écrit par Monique van der Vorst
Septembre 2016

 

Le mouvement représente la vie

Nous bougeons, nous parlons, nous nous comportons d’une manière qui nous est propre, suivant « une image de soi » que nous nous forgeons nous-même. Cette « image de soi » dépend de trois facteurs :

  • notre hérédité ;
  • notre éducation ;
  • notre auto-éducation, la seule qui dépende de nous.

Nous possédons un cerveau semblable à un puzzle. Seul 5 à 10 % des pièces de ce puzzle sont exploitées, laissant place à une énorme exploration.

Explorer et augmenter notre potentiel d’action est l’objectif visé par Moshe Feldenkrais (1904-1984).

Docteur en physique, il fut assistant dans les laboratoires de Joliot-Curie et Paul Langevin. Suite à un accident au genou, les chirurgiens ne pouvant pas garantir la réussite de l’opération, M. Feldenkrais chercha à se rééduquer lui-même.

— La Méthode Feldenkrais® était née

Quarante ans de recherche et d’études de l’anatomie, de la neurophysiologie, de la psychomotricité et du comportement humain l’ont amené à élaborer une technique qui développe l’état de conscience, la qualité et le répertoire de la gestuelle humaine.

Moshe Feldenkrais nous propose d’apprendre à déceler nos IMpressions, d’apprendre à les connaître, à les comprendre, pour ensuite les EX-primer dans une dimension globale et harmonieuse pour autrui.

« Pour faire ce que l’on veut, il faut d’abord savoir ce que l’on fait », disait-il.

L’OBJET DE SON TRAVAIL : FAÇONNER L’IMAGE DE SOI

L’être humain a une faculté qui lui est propre. En effet, grâce à la conscience de soi, il possède la faculté d’évoluer et de se perfectionner tout au long de sa vie (Gurdieff).

Le petit d’animal naît avec un cerveau prêt à l’emploi. Le petit d’homme a tout à apprendre.

Au cœur de la Méthode : le système sensori-moteur, une autre forme d’apprentissage.

Chacun de nous a déjà été soumis un grand nombre de fois à une technique d’apprentissage pour lire, écrire, apprendre un sport. Il s’agit là d’un apprentissage classique. La base de cet apprentissage est la répétition, l’excès, la force, qui parfois va jusqu’à la souffrance.

L’apprentissage que propose M. Feldenkrais est complètement différent. En effet, le système sensori-moteur comprend les messages sous forme de pressions, d’images, de perspective, de rythme, d’équilibre, de coordination. C’est l’apprentissage que l’enfant utilise durant les premiers mois de sa vie.

  1. Feldenkrais était passionné par les arts martiaux. Il utilisera dans sa méthode plusieurs de leurs principes :
  • la relation entre le corps et l’esprit,
  • investir un minimum d’énergie pour obtenir un maximum d’efficacité,
  • rechercher la beauté et l’harmonie du mouvement dans l’action.

Feldenkrais découvre ainsi une autre organisation du corps basée sur des mouvements petits, faciles, inhabituels, intériorisés, mieux perçus.

C’est à ce moment qu’il pose les bases de sa méthode :

  • Le développement de la conscience par le mouvement

Il s’agit de comprendre les relations étroites qui existent entre le système nerveux central, les muscles, le squelette, l’environnement. Son objectif sera de développer la personnalité de chacun et d’améliorer la qualité de nos actions.

Feldenkrais distingue dans chacune de nos actions quatre composantes :

  • la sensation,
  • la pensée,
  • l’émotion, le vécu,
  • le mouvement.

Pour Feldenkrais, la fonction motrice et la fonction cérébrale sont une unité indissociable chez l’homme. De plus, des émotions telles que les désirs, les peurs, les joies, les peines provoquent dans le corps des tensions, changent la posture et nous limitent dans nos mouvements.

Lorsque l’homme développe sa conscience et complète son image de soi, ses actions deviennent plus adaptées, et il acquiert une meilleure qualité de vie.

SON OUTIL : LE MOUVEMENT

La méthode se pratique de deux manières :

  • La prise de conscience par le mouvement
  • L’intégration fonctionnelle

1/ La prise de conscience par le mouvement se déroule en cours collectifs ou en séances individuelles : à partir de mouvements simples, l’enseignant conduit verbalement ses élèves à revoir des schémas habituels de fonctionnement et à développer de nouvelles possibilités.

Le but n’est pas de « faire un exercice », mais « d’observer » les mouvements qui le constitue.

Après une leçon de prise de conscience par le mouvement, l’élève se sent plus d’aplomb, plus léger, plus dynamique. La respiration est plus libre, les tensions ont disparu, faisant place à une plus grande liberté de mouvement.

2/ L’Intégration fonctionnelle : se déroule en séances individuelles.

Le professeur ou thérapeute « écoute avec les mains ».

L’extrait de l’article « Apprendre au corps à programmer le cerveau » par A. Rosenfeld, que je reprends ci-dessous, vous donne une explication claire de ce qu’est une intégration fonctionnelle.

Assis sur une table de travail, le garçon attend devant Feldenkrais qui est assis sur une chaise à l’extrémité de la table.
Il demande au jeune garçon d’enlever ses chaussures.

« Remarquez, observe Feldenkrais, que les talons d’Ephram ne touchent pas le sol ».

Ephram s’allonge sur la table et Feldenkrais, de ses mains puissantes commencent à toucher et à manipuler – toujours très doucement au début – avec des pressions et des mouvements légers.
Le garçon commence à se relâcher, bien qu’il semble très attentif….
Il n’est pas attentif à mes paroles, dit Feldenkrais mais au langage interne, aux messages entre les muscles et le cerveau….
Bientôt, en travaillant avec précaution, en fléchissant les jambes du garço,n Feldenkrais s’est arrangé pour croiser un genou sur l’autre sans forcer, ni faire mal….
C’est la première fois qu’il peut croiser ses genoux…

UNE SÉANCE FELDENKRAIS

UNE SÉANCE FELDENKRAIS

TRÈS IMPORTANT : faites des mouvements de petites amplitudes, confortables et n’allez pas jusqu’à la limite. Faire moins vous permet de prendre conscience des détails et d’affiner vos sensations.

Prise de conscience initiale (P.C.)
Debout, les jambes légèrement écartées.
Répétez plusieurs fois chacun des mouvements ci-dessous en prenant conscience de ce que vous faites et de comment vous le faites.
– Déplacez le poids du corps sur le pied droit, sans lever le pied gauche.

P.C. :

  • sentez la pression du pied qui augmente sur le sol,
  • sentez comment bouge le bassin, comment se déplace la hanche, et
  • observez ce que font le torse et la tête.

– Déplacez maintenant le poids du corps sur le pied gauche, sans lever le pied droit.

P.C. :

  • faites-vous quelque chose de différent ?
  • comparez les deux mouvements : le bassin va-t-il plus loin ou moins loin que tout à l’heure ?
  • imaginez qu’un fil est tendu entre l’épaule gauche et le talon gauche ; où se trouve l’articulation de la hanche par rapport à ce fil ?

– Croisez le pied droit devant le pied gauche, le poids du corps se trouve sur le pied arrière (= pied gauche).  Déplacez le poids du corps vers le pied droit.

P.C. :

  • éprouvez-vous des difficultés à faire ce transfert ?
  • ou au contraire, est-ce facile, confortable ?
  • comment vous y prenez-vous pour faire ce mouvement ?
  • comment bouge le bassin, le torse, les épaules ?

DÉVELOPPEMENT DE LA LEÇON
1/ Debout, croisez le pied droit devant le pied gauche, portez le poids de votre corps sur le pied droit (= le pied qui est devant).
À partir de cette position,

– déplacez le poids de votre corps :

  • vers l’avant du pied droit,
  • vers le talon,
  • vers le bord interne du pied,
  • vers le bord externe du pied,

Répétez chaque mouvement plusieurs fois avant de passer à la direction suivante.

P.C. :

  • comment vous organisez-vous pour faire ces mouvements ?
  • qu’est ce qui est spécifique à chaque déplacement ?

– Maintenant, dessinez un cercle en déplaçant les appuis du pied droit sur le sol.

P.C. :

  • observez la rondeur du cercle,
  • comment bouge le bassin ?
  • que font les épaules ?
  • quelles sont les parties du corps qui suivent les changements de pression au niveau du pied ?

– Faites ce cercle à partir de différentes parties du corps : le bassin, les épaules, les genoux, le sommet de la tête.

P.C. :

  • comment réagit chaque partie du corps ?
  • qu’est-ce qui est différent ?
  • à quel moment sentez-vous que c’est facile ? à quel moment cela devient-il difficile ?

– Changez le sens du cercle.

2/ Couché sur le dos, genoux fléchis.
– Fléchissez la jambe droite sur le ventre, prenez-la en mains, puis, avec l’aide des mains,

  • rapprochez-la de la poitrine,
  • rapprochez-la de l’épaule droite,
  • rapprochez-la de l’épaule gauche.

Faites plusieurs fois chaque mouvement avant de passer à la configuration suivante et prenez conscience de ce que vous faites.
– Fléchissez les deux genoux sur le ventre. La main droite prend le genou droit, la main gauche, le genou gauche : séparez le genou droit du genou gauche.

P.C. :

  • quel est l’angle d’ouverture du genou sur le côté ?
  • comment les appuis du dos changent-ils sur le sol ?
  • la tête suit-elle le mouvement ?
  • que font les yeux ?

3/ Couché sur le côté gauche, genoux fléchis :
– Prenez le genou droit avec la main droite, ouvrez-le vers le plafond.

P.C. :

  • que se passe-t-il dans votre dos ?

– Laissez le regard accompagner le mouvement.

P.C. :

  • suivez le changement des appuis du dos sur le sol.

– Continuez à ouvrir le genou vers plafond, mais fixez le regard devant vous.

P.C. :

  • sentez-vous une différence?
  • le mouvement est-il plus ample ou moins ample ? est-il facile, agréable ?

– Pendant que le genou s’ouvre vers le plafond, dirigez le regard vers le sol.

P.C. :

  • que se passe-t-il dans le dos maintenant ?

CONSTAT

  • Couché sur le dos, les deux genoux fléchis sur le ventre, ouvrez le genou droit.

P.C. :

  • avez-vous gagné de l’amplitude?
  • le genou s’ouvre-t-il mieux à présent ?

4/ Couché sur le côté gauche, genoux fléchis, main droite sur le front :
– Amenez le coude droit vers l’arrière sans changer le contact de la main sur le front.

P.C. :

  • comment le dos réagit-il ?
  • le genou droit fait-il partie du mouvement ?

– Maintenez le genou droit soudé au genou gauche et, dans cette position, déplacez le coude droit en arrière.

P.C. :

  • jusqu’où le coude peut-il aller ?
  • que ressentez-vous dans le dos ?

CONSTATS
– Reposez-vous un moment sur le dos.

Observez les contacts : y a-t-il une différence entre le côté droit et le côté gauche ?
– Mettez-vous debout.

P.C. :

  • quelle différence percevez-vous entre le côté droit et le côté gauche ? vous sentez-vous plus stable ou plus grand d’un côté ?
  • les épaules sont-elles à la même hauteur ?
  • l’empreinte du pied droit est-elle la même que celle du pied gauche ?

– Croisez le pied droit devant le pied gauche et ramenez-le à son point de départ.

P.C. :

  • comment faites-vous cela maintenant : est-ce plus facile, plus fluide ?

– Déplacez le poids du corps dans différentes directions.

P.C. :

  • comment cela se passe-t-il à présent ?

5/ Debout, croisez le pied droit derrière le pied gauche et reprenez les mêmes mouvements : déplacez le poids du corps vers l’avant du pied droit, vers l’arrière, vers l’intérieur, vers l’extérieur.

P.C. :

  • pour chaque configuration, prenez conscience de ce que vous faites et de comment vous le faites.

6/ Couché sur le dos, genoux fléchis sur le ventre, prenez les genoux en mains :
– Écartez le genou droit jusqu’à ce qu’il touche le sol à droite.

P.C. :

  • que fait le bassin ? le dos ?
  • que faites-vous pour revenir sur le dos? cela demande-t-il un effort ?

7/Couché sur le côté gauche, genoux fléchis, prenez le genou droit en main.
– Ouvrez le genou droit vers le plafond, laissez la tête accompagner le mouvement.

P.C. :

  • suivez la ligne que le nez trace dans l’espace,
  • suivez le roulement des épaules et du bassin ; prenez conscience de l’empreinte que chaque partie laisse sur le sol.
  • sentez comment l’espace entre le dos et sol change continuellement.

CONSTATS
– Reposez-vous un moment sur le dos.

P.C. :

  • sentez l’empreinte du corps sur le sol ; comment a-t-elle évolué?

– Debout :

  • Déplacez le poids du corps sur le pied droit.

P.C. :

  • que ressentez-vous ? quelle différence percevez-vous ?
  • avez-vous plus d’équilibre sur la jambe droite ?
  • Déplacez le poids du corps sur le pied gauche.

P.C. :

  • comparez ce déplacement avec celui fait précédemment.

– Marchez dans la salle.

P.C. :

  • comparez les pas, l’équilibre, le poids des jambes, etc.

Le lendemain : observez comment vous vous sentez, comment vous marcher, comment réagit le côté gauche. Vous sentez-vous plus équilibré ?
– Lorsque vous vous sentirez prêt, reprenez ces mouvements de l’autre côté.
Faites des mouvements petits et légers ; ne forcez pas.

Et n’oubliez pas que LE PLUS IMPORTANT c’est la prise de conscience, posez-vous des questions.

FELDENKRAIS - DES OS POUR LA VIE par Ana Maria Vidal

FELDENKRAIS DES OS POUR LA VIE

Article écrit par Ana Maria Vidal pour la revue Vital, en octobre 2001

Traduit de l’espagnol par Monique van der Vorst

 

L’os est un tissu vivant et dynamique qui s’entretient par lui-même et se renouvelle continuellement. Cette régénération du tissu osseux peut être activée grâce à des exercices qui soumettent le squelette à une pression physique déterminée.

Dans la vie moderne, nous bougeons de moins en moins et nombreuses sont les personnes qui souffrent d’une diminution du tissu osseux, phénomène qui, à première vue, semble irréversible.

Toutefois, des recherches récentes ont démontré qu’un usage différent du squelette et plus de mouvements stimulent la densité osseuse.

Nous avons assisté, à Madrid, à un séminaire appelé « Des os pour la vie ». Il s’agit d’une application de la Méthode Feldenkrais dont l’objectif est d’acquérir des os qui durent toute la vie.

C’est l’Association Espagnole de Médecine de la Danse (ASEMEDA), une association sans but lucratif qui a été à l’origine de cette initiative. Cette association se compose de professionnels préoccupés par le corps humain, le mouvement, l’énergie et la danse.

Parmi ses diverses activités, en collaboration avec Esklepion (centre de techniques corporelles et de la danse) et aussi avec certains organismes officiels comme la Commune de Madrid et l’INAEM, cette association a l’intention d’organiser la formation Feldenkrais. Cette formation est soumise à un programme très rigoureux. Les études durent quatre ans, à raison de deux cents heures de cours par an.

ASEMEDA collabore également avec l’Association Internationale de Médecine pour la Danse (IADMS). Du 1 au 3 novembre 2001, aura lieu à Alcala de Henares, le onzième Congrès International de l’association.

 

FELDENKRAIS ET L’OSTÉOPOROSE

Suite à des conversations avec des médecins, Ruthy Alon, une des élèves de la première génération des praticiens Feldenkrais, formée directement par Moshe Feldenkrais, s’est rendu compte qu’il devenait urgent de trouver un moyen d’appliquer la méthode en vue de prévenir l’ostéoporose. Ainsi, poussée par des demandes répétées, elle a créé une série de processus qui associent des mouvements de restructuration et de réorganisation du squelette à partir de pressions et de vibrations appropriées. L’objectif est de susciter une activité dans l’os.

 

LE PROGRAMME BONES FOR LIFE®

Cette association entre l’apprentissage de mouvements selon Feldenkrais et les exigences d’une prévention moderne de l’ostéoporose a donné naissance au programme Bones for lifeâ. En fait, les propositions de mouvements de Bones for lifeâ, qui conduisent l’os à répondre à la pression et à sentir la force de la gravité, coïncident avec les théories actuelles qui préconisent la préservation d’une structure osseuse en bonne santé.

C’est Mercedez Scharf, formée par Ruthy, qui, la première, a apporté ce travail en Espagne et plus spécifiquement à Madrid.

Pendant deux jours, des personnes de divers horizons (Danse, Ostéopathie, Antigymnastique, Feldenkrais, Gestalt, Eutonie, Technique Alexander, etc.) se sont familiarisées avec le geste d’appuyer la plante du pied ou les mains sur le mur ou encore de tapoter le bassin sur le sol. Elles ont observé comment ces pressions se déplaçaient tout le long du tronc, elles ont exploré les perceptions provoquées par des petits sauts ou des déplacements précis et elles ont observé comment un mouvement qui commence à la plante des pieds ou dans la paume de la main, se répercute tout le long de la colonne vertébrale. Le travail développé par Ruthy Alon mobilise les articulations et fait vibrer des parties osseuses qui n’ont pas l’habitude d’être sollicitées dans la vie quotidienne ou au cours d’autres catégories d’exercices corporels.

 

L’OBJECTIF : L’OXYGÉNATION DE L’OS

Cette oxygénation se produit seulement si elle reçoit une stimulation suffisante. Soulignons, par exemple, la stimulation de l’os du bassin contre le sol, pour créer des vibrations qui pénètrent au plus profond de l’os. (cf. leçon jointe à la fin de l’article).

 

L’EXERCICE PHYSIQUE EST-IL AVANTAGEUX POUR LES OS ?

Le médecin traumatologue et chirurgien de l’Hôpital Central de Logroño, Antonio Díaz Perez, a longuement décrit l’ostéoporose : les facteurs de risque et comment la prévenir. En tenant compte du problème tel qu’il se présente et du fait que, en général, l’exercice physique est important pour stimuler la qualité de notre ossature afin de diminuer la régression de l’os et d’améliorer la qualité articulaire, nous avons assisté à un débat très intéressant.

La question fondamentale est la suivante : si nous faisons des exercices physiques alors que notre corps n’est pas correctement aligné et avec toutes les déformations accumulées, l’influence de l’exercice physique sera-t-elle suffisamment bonne pour notre squelette, ou peut-elle au contraire faire plus de mal que de bien ? Si la structure osseuse n’est pas bien alignée, comment s’exerce la pression de la gravité ?

 

Des muscles tendus, surchargés, altèrent les os. À leur tour, ces derniers perdent la perception d’un alignement fiable et donc l’information qui devrait leur parvenir ne circule pas correctement. Il en résulte que l’os n’est pas stimulé comme il devrait et cela ouvre la porte à une perte de la masse osseuse. Au contraire, lorsque l’os revient à son équilibre naturel, il récupère une perception correcte et la qualité de sa fonction.

En conclusion, il semble préférable de proposer directement des exercices qui tiennent compte du squelette. Les pas à suivre au niveau préventif seraient, dans un premier temps, d’apprendre à organiser notre structure osseuse pour que le squelette puisse exercer sa fonction sans rencontrer d’obstacles. Ensuite, chacun pourra s’adonner en toute tranquillité, et selon ses aspirations personnelles, à la pratique d’autres disciplines corporelles.

La proposition de Feldenkrais dans ce sens est très intéressante, car sa méthodologie de l’apprentissage du mouvement étudie la réorganisation du corps directement à partir du squelette. Une organisation correcte du squelette empêche un travail musculaire décompensé ; ceci est un élément essentiel pour se débarrasser de la douleur et pour réaliser des mouvements sains pour notre santé.

 

OSTÉOPOROSE ET FRACTURES CHEZ LES PERSONNES ÂGÉES

J’ai également apprécié cette autre information. Elle porte un regard nouveau sur la problématique des fractures chez les personnes âgées, liées à l’ostéoporose et à leurs fâcheuses conséquences pour ces personnes. Comme nous l’a expliqué Mercedes Schraf, il a été prouvé qu’une grande partie des fractures ne sont pas tant dues au fait que l’os est décalcifié qu’au fait que le squelette est mal organisé. Cela provoque des problèmes d’équilibre qui prédisposent aux chutes.

Une fois de plus, lorsque le squelette est bien aligné, et lorsque nous avons une conscience plus adéquate de notre corps en mouvement, nous sentons clairement la pression du sol. Par conséquent, non seulement cela favorise la santé de l’os mais, en plus, cela permet de maintenir jusqu’à un âge avancé une meilleure coordination et la perception de la relation du corps avec l’environnement, une capacité de se développer plus en harmonie avec ses propres possibilités. Et donc, si, en plus on fait de l’exercice, ce sera toujours bénéfique.

Au contraire, si une personne s’adonne à des pratiques de gymnastique alors que son corps n’y est pas préparé, avec une musculature chargée de compensations et de tensions, et qu’elle continue à alimenter son corps dans cette voie de désorganisation, il se peut qu’elle subisse des conséquences peu agréables, spécialement en prenant de l’âge.

 

LES OS ONT UNE MÉMOIRE

Mais attention, commencer un travail personnel avec cette optique exige certaines précautions. Commencer à s’organiser physiquement d’une autre façon nous fait passer par des moments de crises, car l’os a emmagasiné profondément certaines informations, informations qui sont soit nôtres, soit héréditaires. Il est possible de remuer des mémoires accumulées et oubliées, qui, une fois libérées laisseront la place à une grande sensation de bien-être.

L’os possède même une mémoire sociale. Petits, nous adoptons les postures et les gestes de nos parents, avec un mimétisme naturel, car nous absorbons ce qui nous entoure comme des éponges. Le plus souvent, nous nous exprimons de façon automatique, en fonction de ce que les normes de bienséance nous permettent ou ne nous permettent pas de faire.

 

Mais il y a pire, par exemple, lorsque nous portons une sacoche sur l’épaule, nous reproduisons un geste qui s’est répété et qui continue à se répéter mille fois, et cela nous paraît tout à fait normal. Notre dos compense en s’inclinant sur le côté, et nous répétons ce geste jour après jour (l’utilisation du petit sac à dos semble beaucoup plus bénéfique pour notre corps que le sac en bandoulière). Ainsi donc, il se peut que s’approprier de nouvelles façons de bouger nous fasse passer par de fortes émotions. La cuirasse dans laquelle nous vivons a sa raison d’être psychologique et, changer sa structure, c’est aussi changer sa vision du monde.

 

IL NE S’AGIT PAS DE CORRIGER MAIS PLUTÔT DE RÉORGANISER

Moshe Feldenkrais refusait d’utiliser le mot « corriger » lorsqu’il parlait de son travail. Il ne s’agit pas de corriger mais bien de réorganiser et de défaire les archétypes créés par une société peu respectueuse des nécessités essentielles de l’individu. Les mouvements que nous propose M. Feldenkrais mobilisent la musculature profonde, celle qui est collée à l’os et à l’enveloppe, celle qui soutient la structure osseuse et qui permet le mouvement.

Très simplement et sans forcer, comme un défi, nous découvrons le chemin le plus facile pour résoudre la proposition. Ceci est parfois difficile à comprendre parce que nous sommes submergés par une culture qui met l’emphase sur l’effort alors qu’ici on nous demande de suivre le chemin le plus facile. Néanmoins, après le séminaire, nous avons une perception claire du potentiel que la subtilité dissimule.

Les effets du travail continuent à se faire sentir plusieurs jours après les sessions ; de nouvelles perceptions s’installent, délicates mais précises.

Une ostéopathe présente durant le séminaire commentait comment elle se sentait parfois désespérée avec certains patients, vu que, malgré le fait de corriger leurs mauvaises postures, les patients reviennent à leur structure préjudiciable. Pour que le changement puisse s’installer, la restructuration doit venir du patient lui-même, même si l’ostéopathie est un très bon outil dans de nombreuses occasions. Une personne qui a une lésion peut apprendre à vivre avec sa lésion sans pour cela en souffrir. Des enfants avec des paralysies cérébrales peuvent apprendre à bouger le bassin ou d’autres parties du corps en réorganisant leur structure, de façon à compenser les parties qui ne répondent pas. Le chemin que propose Feldenkrais semble être le chemin le plus approprié lorsqu’il s‘agit de pouvoir intégrer des changements, mais cela exige de la patience.

LA VAGUE ET L’AXE, LES DEUX DYNAMIQUES MAJEURES DE LA MARCHE par Monique van der Vorst

La vague et l’axe, les deux dynamiques majeures de la marche

Article écrit par Monique van der Vorst – Septembre 2016

En tant qu’être humain, nous avons la capacité de nous déplacer avec facilité sur deux jambes et de marcher de nombreux kilomètres. C’est le cas, par exemple, des femmes africaines dont l’organisation corporelle s’approche de la perfection.
Comment ces femmes s’organisent-elles pour marcher de longues distances tout en portant des charges énormes sur la tête sans altérer ni la respiration et ni le rythme cardiaque et sans exprimer des signes de fatigue ?

Plusieurs éléments entrent en jeu, entre autres :

  • un rythme gracieux : le mouvement coule suivant des cycles ondulatoires et répétitifs,
  • une synchronisation précise de toutes les parties du corps,
  • l’aptitude à retrouver l’équilibre dans les trois plans de l’espace,
  • le balancement des bras,
  • une posture dynamique qui peut supporter du poids,
  • la transmission de la pression du pied et l’endroit où exercer cette pression pour que la transmission se fasse jusqu’à la tête selon un effet domino.

La façon dont cette transmission se fait est le sujet que je veux aborder aujourd’hui.

Dans le programme Bones for lifeâ, la Dre Ruthy Alon, créatrice du programme, travaille très souvent deux éléments importants qui facilitent notre marche et tous nos déplacements. Ces éléments nous permettent d’économiser notre énergie et nous maintiennent en bonne santé. Il s’agit de la « vague » et de « l’axe ». Dans la marche de la femme africaine, la colonne vertébrale s’organise selon ces deux modes de fonctionnement. Ils s’alternent constamment et font que notre marche devient gracieuse, élégante et naturelle.

Avez-vous déjà pensé à :

  • comment le squelette s’organise lorsque vous marchez ?
  • ce qui se passe au moment où le talon prend contact avec sol ?
  • ce qui se passe lorsque vous levez le pied du sol ?

Faire un pas comprend différentes phases : peut-être avez-vous expérimenté que, à chaque pas, vous devenez alternativement plus grand et ensuite plus petit. Comment cette alternance se produit-elle ?
Quand le pied se pose sur le sol pour faire un pas, tout le poids du corps est transféré sur ce pied et exerce une pression sur le sol. Cette augmentation de pression provoque une contre-pression qui circule dans toute la colonne, jusqu’à la tête. La colonne s’érige. Nous avons la sensation de grandir. C’est le moment où la colonne s’organise selon un AXE longitudinal, sacrum et tête sont unis dans une ligne continue, solide et non différenciée, afin de pouvoir composer efficacement avec la gravité. Au même moment, les orteils du pied arrière pressent à leur tour le sol et nous propulsent vers l’avant.
Cette transmission de la pression depuis le pied jusqu’à la tête, selon un effet domino, s’exprime par une image de soi plus confiante, plus optimiste. Nous nous sentons forts, ouverts au monde.
L’autre séquence est celle de la VAGUE. C’est le moment où le pied arrière se lève du sol et se prépare pour se déplacer vers l’avant. À ce moment, nous devenons un peu plus petits, le genou fléchit, la colonne se relâche et s’arrondit légèrement. C’est un moment de recueillement, de préparation avant un nouveau pas.
Puis, les rôles s’inversent de nouveau.  Ce phénomène se répète à chaque pas : lorsque le pied arrière se lève du sol, la colonne s’arrondit, ensuite le pied se déplace vers l’avant et se pose sur le sol, la colonne s’érige, les orteils pressent le sol, tout le corps s’organise pour nous propulser vers l’avant.
La marche, ce mouvement si habituel et naturel, car il fait partie de notre répertoire depuis notre enfance, a nécessité une très longue période d’apprentissage, beaucoup de patience, de répétitions, d’exploration.
En effet, c’est le plus souvent grâce à ses propres explorations que l’enfant a découvert comment se mettre debout, se maintenir debout et se déplacer dans l’espace sans tomber. Il a progressivement, intuitivement et soigneusement organisé chaque partie de son corps pour pouvoir marcher avec agilité.
Cependant, nous constatons qu’en « prenant de l’âge », nous perdons partiellement notre agilité et notre endurance. Nous avons oublié comment marcher, courir, sauter… sans nous fatiguer.
Des scientifiques tels que Moshe Feldenkrais ont démontré que cet « oubli » est réversible. Nous pouvons ré-apprendre à marcher sans osciller d’un côté à l’autre au risque de perdre l’équilibre. Nous pouvons retrouver une façon de marcher fonctionnelle et efficace. Nous pouvons récupérer cette alternance entre mouvement ondulant de la colonne vertébrale (la vague) et mouvement de l’axe, qui est propre à une marche facile, naturelle, gracieuse et élégante semblable à celle des femmes africaines.

Pour cela, Ruthy Alon, ancienne élève de Moshe Feldenkrais, s’appuie sur l’apprentissage somatique enseigné par ce dernier.

Les classes sont de véritables laboratoires : l’élève expérimente d’abord les mouvements en position allongée, sur le sol. De cette façon, il est libéré de la contrainte de la gravité, et la prise de conscience est plus facile, plus précise.
Ruthy y ajoute sa marque personnelle : la pression qui a pour effet de stimuler la force des os.
Par exemple, dans la position allongée sur le sol, la tête près du mur, les paumes de mains sur le mur, Ruthy nous propose d’appuyer les mains. Cela nous permet de ressentir clairement le mouvement de vague ou d’axe tout le long de la colonne.
Rapidement, nous prenons conscience que les courbes cervicales et lombaires changent continuellement leur organisation, qu’elles bougent de façon proportionnelle et dans des directions opposées ; les vertèbres cervicales s’allongent alors que la colonne lombaire se cambre, et vice-versa. La colonne bouge alors de manière ondulante.
Les mains sur le mur stimulent la partie haute du dos et mobilisent les vertèbres cervicales en douceur.
De plus, nous nous retrouvons dans une situation inhabituelle qui nécessite toute notre attention.
À la fin de la séance, lorsque nous nous mettons debout et nous commençons à marcher dans la salle, nous sentons que la marche est plus légère.
Lors d’une autre séance, Ruthy nous propose d’appliquer le même principe en posant le pied sur le mur, simulant de cette façon encore plus la transmission de la pression du pied à travers tout le corps.

« Le meilleur moyen de lutter contre les problèmes liés à l’âge (entre autres l’ostéoporose) est d’avoir une activité physique. » Tous les médecins sont d’accord à ce sujet, et ils nous conseillent de marcher au moins 30 minutes par jour.
Mais n’oublions pas qu’une distribution harmonieuse de la flexibilité tout le long de la colonne est la condition indispensable pour éviter une usure qui, au fil des années, peut provoquer divers problèmes de santé et de mobilité.
En rétablissant la sensation de vague et d’axe dans notre corps, nous améliorons la qualité de la marche. Nous améliorons les fonctions physiologiques telles que la circulation sanguine, le transit intestinal, la respiration.
Mais aussi, nous RENFORÇONS NOS OS et nous développons notre sens de l’équilibre afin d’éviter les chutes et leurs conséquences.
« Renforcer les os ? » me direz-vous. Que vous voulez-vous dire ? Je ne comprends pas. Comment ce mouvement alternatif de la colonne peut-il nous aider à prévenir l’ostéoporose ?
Lorsque la circulation laisse à désirer, le drainage des liquides du corps est ralenti. Le tissu osseux est le premier tissu à en subir les conséquences.
Les battements du cœur ne suffiront pas pour faire pénétrer les nutriments à l’intérieur des os et à les nettoyer des cellules mortes.
Pendant la marche, le pied, en frappant le sol fait remonter jusqu’au cœur le sang veineux, chargé de déchets osseux. De cette façon, il nettoie l’os de ses cellules mortes permettant au sang artériel de pénétrer plus profondément à l’intérieur de l’os pour le nourrir.

Des facteurs tels que la qualité de la posture (une colonne alignée qui peut supporter notre poids) et des articulations libres améliorent la transmission de la pression du pied tout le long du corps selon un effet domino. Ils augmentent notre aptitude à retrouver l’équilibre et diminuent ainsi grandement le risque de fracture.
Vous ne pouvez imaginer le sentiment de joie que nous procure la sensation d’allongement de la posture et le bien-être que nous apportent des mouvements aisés et légers.

Je terminerai cet article en reprenant les paroles d’une élève de Ruthy : « J’aurais bien aimé marcher comme cela le jour de mon mariage ».

RE-PROGRAMMER LE SYSTÈME SENSORI-MOTEUR par Monique van der Vorst

Tout au long du XXe siècle, les progrès de la médecine nous ont permis de vivre plus longtemps, mais souvent au prix d’un corps qui devient douloureux.  Qui n’a jamais eu mal au dos, au cou, à la hanche, à l’épaule, etc. Qui ne se sent pas devenir plus rigide ?

Le stress de la vie actuelle et le développement ultra rapide des moyens de communication multiplient les problèmes musculo-squelettiques.

D’un autre côté, nous avons tous dans notre entourage des personnes qui se tiennent droites, gardent une belle allure, bougent avec facilité. Ces personnes sont actives et continuent de créer malgré un âge avancé. On pourrait dire qu’elles vieillissent avec succès.

Alors, pourquoi tant de différences entre l’une et l’autre ?

Tout au long de notre vie, notre système sensori-moteur doit faire face à de multiples agressions. Celles-ci créent des tensions, parfois même des traumatismes et, le plus souvent, nous y faisons face de façon réflexe. Ces réponses répétées continuellement s’incrustent si profondément dans notre corps que nous oublions comment, dans notre jeunesse, nous pouvions bouger. On parle alors d’« amnésie sensori-motrice ». Notre cerveau a « oublié » comment bouger aisément.

Cependant, cet « oubli » est réversible. Nous pouvons « ré-apprendre » à bouger, nous pouvons récupérer l’agilité de nos mouvements et retrouver une certaine qualité de vie.

Le système sensori-moteur joue un rôle capital dans nos actions, dans nos relations avec l’espace et avec notre entourage.

Le système sensori-moteur, c’est :

  • ce que nous ressentons,
  • comment nous ressentons, et
  • comment nous répondons.

Lorsque nous recevons une information, celle-ci est directement transmise au cerveau par la voie de nos nerfs sensitifs. À ce moment-là, le cerveau, tel un chef d’orchestre, interprète l’information et, grâce aux nerfs moteurs qui se prolongent jusque dans nos muscles, traduit cette information en mouvement.

La qualité de nos mouvements est donc directement dépendante de l’état de santé de ces deux systèmes.

Au niveau de la colonne vertébrale, les deux systèmes sont séparés, mais au niveau cérébral ils s’unissent pour former un système nerveux unique. C’est comme s’il s’agissait des deux côtés d’une même médaille. Ces deux systèmes sont tellement complémentaires et essentiels que leur action incessante passe inaperçue.

En neurophysiologie, l’information constante entre l’information sensorielle et la réponse motrice s’appelle « système de rétro-alimentation ».

Prendre conscience de l’importance du rôle du système sensori-moteur dans notre vie revient à se rendre compte que n’importe quelle altération de sa structure se traduit par des troubles importants.

En effet, la perte partielle de la perception sensitive signifie que nous devenons maladroits et que nous perdons le contrôle de nos gestes ; de la même façon, la perte du contrôle moteur, elle, affecte l’efficacité de nos actions et provoque une altération au niveau de l’information.

Les fonctions sensitives et motrices font partie d’un seul et même système.

La nécessité d’un flux ininterrompu et correct d’informations provenant de l’extérieur est évidente pour maintenir un contrôle des mouvements musculaires.

Jusqu’à il y a quelques années ces dysfonctionnements étaient considérés comme irréversibles. Nous verrons que, en grande partie, il s’agit d’une perte momentanée de nos capacités. Il existe des alternatives pour récupérer notre santé.  Très bonne nouvelle, n’est-ce pas ?

Actuellement, plusieurs méthodes, telle que la Méthode Feldenkrais, appelée aussi « Prise de conscience de soi par le mouvement » ou encore « l’Intelligence du mouvement » de Ruthy Alon (Movement Intelligence), nous permettent de découvrir les mécanismes profonds de nos mouvements. Il s’agit d’une véritable (ré)-éducation proprioceptive (propre aux muscles, aux os, aux ligaments). Elle permet à chaque élève d’enrichir l’image de soi, d’éduquer le sens kinesthésique, d’affiner la conscience, la connaissance de son corps et son fonctionnement.

Le Dr Moshe Feldenkrais propose d’améliorer l’image de soi, de mieux nous connaître. Une de ses expressions favorites était : « Pour faire ce que l’on veut, il faut savoir ce que l’on fait ».

La Dre Ruthy Alon, elle, parle de « Régler son horloge personnelle pour un fonctionnement optimal », c’est à dire « Accorder chaque partie de notre corps pour exprimer le geste juste, vivre bien au quotidien et être en forme. »

Développer la conscience sensori-motrice c’est nous « percevoir comme un être complet », considérer que nos mouvements sont l’expression de nos sensations, de nos émotions, de nos pensées. C’est trouver cette justesse intérieure qui permet d’être en accord avec soi-même et d’en faire le pilier de notre vie.

« Nous sommes riche d’un monde intérieur que trop souvent nous méconnaissons ».                                  

Monique van der Vorst

UNE SÉANCE BONES FOR LIFE®

TAPOTER LE BASSIN SUR LE SOL : RELIER LA LIGNE DE FORCE

Prise de conscience :

  • Allongez-vous confortablement sur le sol, la tête près du mur, posez les bras le long du corps. Prenez un moment pour observer comment le corps se laisse aller.
    Quelles sont les parties qui sont plus en contact avec le sol ? quelles sont celles qui ont moins de contact ? où sentez-vous de la tension ? quelles sont les parties du corps où vous vous sentez à l’aise ? quelle est l’empreinte que le corps laisse sur le sol ? où sentez-vous de l’espace entre votre corps et le sol ? quelles sont les parties qui reposent sur le sol ?
  • Pliez les genoux ; les pieds sont en appui sur le sol, confortablement séparés l’un de l’autre. Portez votre attention sur le bassin, os puissant et concave qui contient les organes digestifs, les tissus mous des intestins et des organes génitaux.
    Imaginez le dos du bassin comme un triangle isocèle : le sommet est relié à la colonne vertébrale et les deux angles de la base sont reliés aux jambes.
    La relation entre ces trois points détermine la posture. L’organisation du bassin sert de pont entre les jambes et la colonne vertébrale et détermine le degré de confort et d’efficacité de la posture.
    Observez comment le bassin repose sur le sol. Localisez où se concentre la pression. La pression est-elle symétrique des deux côtés ou, au contraire, plus concentrée sur un côté ?

Test

  1. Préparez-vous à lever le bassin, mais ne le détachez pas encore du sol. Chaque fois que vous atteignez l’ultime point de contact du bassin avec le sol, avant de le soulever, permettez à votre bassin de revenir et de se reposer complètement. Abandonnez alors tout votre poids dans le sol. Répétez cette séquence plusieurs fois.
    Sentez les variations d’intensité de la pression. Différenciez la sensation produite quand on relâche tout son poids dans le sol, qui est distincte de celle que l’on a quand on maintient le bassin soulevé.
  1. Détachez maintenant votre bassin du sol et levez-le légèrement en l’air. Commencez à le tapoter sur le sol de façon à produire des vibrations légères et rythmiques. Tapotez le bassin sur son dernier point d’appui sur le sol. Percevez comment l’arrière de l’os pelvien absorbe les vibrations. Profitez du sol pour éveiller et revivifier la région du sacrum. Communiquez avec cet os dans son propre langage, qui est celui de la pression souple et qui rebondit. Ne retenez pas votre respiration. Maintenez le bassin en l’air, plat et horizontal, sans l’incliner, ni le tourner.

Et ensuite laissez tout cela et reposez-vous.

Position :
Couché sur le dos, la tête près du mur, les genoux sont fléchis, la plante des pieds est sur le sol, les pieds sont légèrement écartés ; les mains sur le mur, écartées de la largeur des épaules.

Description de la séquence

  1. Mettez les mains sur le mur, de chaque côté de la tête, vos paumes sont ancrées dans le mur. Levez légèrement le bassin et tapotez-le sur le sol.

Est-ce que la force générée par vos mains qui repoussent le mur dynamise votre bassin et lui permet de tapoter le sol avec plus de vigueur ?
Tapotez de nouveau le bassin sans les mains au mur et sentez la différence.

Faites une pause : observez si votre bassin repose différemment sur le sol. Où la pression se concentre-t-elle maintenant ? Est-ce que la sensation est plus diffuse maintenant ou au contraire plus concentrée ?

  1. Les genoux sont pliés, les pieds en appui. Approchez doucement l’avant de votre bassin et votre nombril vers le visage. Le coccyx se lève légèrement du sol, et ce mouvement dessine une ligne de pression qui se rapproche de la taille. Imaginez que le cadran d’une pendule repose sur votre ventre. Si vous levez la tête pour la regarder, vous voyez 12 h du côté de la taille et 6 h du côté du pubis.

Déplacez le bassin depuis le centre du cadran (c’est-à-dire le point neutre ou point de repos) vers 12 h. Percevez que le point de contact de votre bassin avec le sol se rapproche de la région lombaire. Localisez ce nouveau point d’appui dans la partie supérieure du bassin et commencez à tapotez ce point sur le sol. Tapotez légèrement et en rythme, dans les limites de votre confort.
La sensation de satisfaction que vous en retirez est un bon critère pour mesurer le degré d’harmonie de votre mouvement.
Comment votre poitrine change-t-elle sa configuration pour s’adapter au changement de direction de votre bassin ?

Variante : si la nuque accentue sa courbure, vous pouvez ouvrir un petit peu la bouche, mettre le pouce sur une joue et le bout des doigts sur l’autre ; mettez le petit doigt en contact avec votre clavicule ; le poignet et le coude reposent sur la poitrine. De cette façon, il est possible d’inhiber la tendance de la nuque à compenser le changement d’organisation de la région lombaire.
Sentez qu’une partie de votre dos, qui n’a pas l’habitude de bouger, commence à s’articuler.
Continuez à tapoter le bassin sur le sol, une main sur le menton et l’autre sur le mur.

Faites une pause et reposez-vous : observez comment la région lombaire repose sur le sol maintenant. Sentez dans quelle mesure votre corps accepte cette nouvelle configuration de la région lombaire.

Allongez les jambes et  permettez à votre corps de revenir à sa neutralité.

  1. Pliez de nouveau les genoux. Basculez le bassin vers les genoux, si bien que la ligne de pression du bassin se déplace à présent vers le coccyx, et tapotez cette région sur le sol, rythmiquement et légèrement. Voyez le tapotement comme une occasion de concevoir et de renforcer une nouvelle modalité de cambrure pour la colonne vertébrale.

Percevez comment l’intégralité du dos a besoin de s’ajuster à cette bascule inhabituelle de votre bassin.
Réduisez l’intensité des tapotements pour faire passer le message et faciliter la tâche à votre corps.
Relâchez les tensions de votre visage, adoucissez les contractions autour de la bouche, respirez et éliminez tout effort non nécessaire.
Continuez à tapoter votre bassin dans cette position, vos mains ancrées sur le mur.
Sentez que la force générée par les mains qui repoussent le mur est à l’unisson avec le mouvement dynamique et le soutient.

Faites une pause et reposez-vous un instant.
Chaque fois que vous vous sentez fatigué, vous pouvez arrêter le mouvement un instant, avant d’y revenir calmement. Continuer le mouvement en faisant des efforts pour surmonter la résistance du corps aura comme seul résultat de le rendre désagréable et inefficace. L’organisme a tendance à refuser ce qui est inconfortable et non bénéfique pour lui.

  1. Pliez à nouveau les genoux. Déplacez la ligne de pression du bassin vers la hanche gauche, vers 3 h. La hanche droite se soulève légèrement du sol. Tournez le bassin vers la gauche, sans laisser les genoux s’incliner à gauche. Voyez si vous pouvez différencier la direction du bassin, de celle des jambes. Répétez ce mouvement plusieurs fois.

Restez avec le bassin tourné vers la gauche et tapotez le côté gauche du bassin sur le sol. Trouvez un rythme rapide et léger qui facilite cette activité.
Ajoutez la coopération des mains : repoussez le mur.
Percevez comment l’ancrage des mains et des pieds, coordonnés avec le rythme du mouvement, stabilise le corps dans une activité dynamique.

Faites une pause lorsque vous en sentez la nécessité et allongez les jambes.
Observez comment le mouvement asymétrique a une incidence sur la façon dont votre corps choisit d’être maintenant.

  1. Pliez de nouveau les genoux et organisez les tapotements asymétriques sur le côté droit, à 9 h.

Observez s’il y a une différence dans votre acceptation de tapoter le côté droit du bassin par rapport à l’autre côté.

Faites une nouvelle pause.

CONSTAT :
Tapotez de nouveau le bassin sur le sol, sur votre point d’appui neutre, au centre de votre cadran personnel.
Évaluez maintenant la qualité des tapotements, en la comparant à celle du début de la séance.
Puis, allongez les jambes et comparez maintenant le contact du bassin avec le sol.
Remarquez comment l’organisme améliore son organisation et trouve une voie plus cohérente pour explorer des options non utilisées.

  1. Pliez de nouveau les genoux ; les mains sont sur le mur. Identifiez le centre de votre bassin et le point où le bassin prend son appui. Déplacez légèrement le point central de votre bassin sur le sol et tapotez-le. Répétez le tapotement du bassin à ce nouvel endroit plusieurs fois, puis changez de nouveau. Continuez ainsi : tapotez plusieurs fois à un endroit, puis changez le point d’impact. Créez des situations similaires, mais un peu différentes.

Écoutez comment votre corps apprend à s’ajuster à chaque changement, si petit soit-il.

CONSTAT :
Avant de vous arrêter, revenez à votre emplacement de départ, au point neutre, et tapotez une fois de plus le bassin sur le sol.
Soyez à l’écoute de tout changement dans la qualité de vos mouvements. Est-ce que les variations ont contribué à rendre ce mouvement plus aisé.

Reposez-vous.

  1. Dans la même position que précédemment, prenez conscience du point d’impact de votre bassin sur le sol, tapotez ce point pour clarifier l’endroit, puis amenez une autre partie de votre bassin à cet endroit, et tapotez-le. Puis, changez-le de nouveau.

Percevez l’ingéniosité de votre corps à faire tous les ajustements nécessaires à chaque changement d’organisation de votre squelette.

Reposez-vous et évaluez maintenant la qualité de contact de votre bassin avec le sol.

  1. Maintenant, tapotez diverses parties de votre bassin : une hanche, le coccyx, etc. sur le sol. Tapotez chaque point plusieurs fois avant de changer. Soyez curieux et créatifs. Défiez l’intelligence de votre corps et sa faculté d’adaptation à de nouvelles orientations.

Ne passez pas trop rapidement d’une orientation à l’autre. Donnez l’occasion au corps d’utiliser la richesse de ses ressources pour se réorganiser. Une plus grande aptitude à s’adapter au changement est le réel bénéfice qu’apporte cette séquence.

  1. Finalement, dansez avec votre bassin sur le sol, sans prévision systématique, changez à la fois l’orientation du bassin et son point de contact avec le sol.

Repérez les options que vous n’utilisez pas, à la fois dans les sensations que vous renvoie votre bassin et dans l’organisation de votre cage thoracique. Remarquez la joie et la vie qui naissent de cette improvisation, libérée des schémas habituels.   

CONSTAT :
Tapotez de nouveau votre bassin au point neutre, la partie la plus confortable du bassin.
Remarquez la qualité des tapotements maintenant : est-ce plus facile ?

Faites une pause, gardez les genoux fléchis.

Appréciez la capacité de tout votre dos de se rapprocher du sol. La zone de contact de votre bassin est-elle moins concentrée ? Est-elle plus étalée, plus uniforme ? Votre dos fait-il plus confiance à la pesanteur ? Son poids s’abandonne-t-il dans le sol ? Les muscles sont-ils plus relâchés ?
Quand vous vous sentez prêts, trouvez une façon lente, continue et économique pour venir vous asseoir et ensuite vous mettre debout. Gardez les yeux fermés un moment.
Sentez la qualité de votre posture debout et votre disposition intérieure. Pouvez-vous mettre des mots sur vos sensations ?